Les thématiques abordées jusqu'ici montrent clairement les nuisances dont est porteur ce projet. Pour autant notre opposition n'est pas ancrée dans une nostalgie passéiste ou le refus de tout changement.

Ce projet pharaonique est-il indispensable pour répondre à un développement des flux de marchandises qui serait inéluctable ?

Manifestement toutes les possibilités offertes par un éventuel développement des voies ferroviaires ou maritimes existantes n'ont pas été explorées comme le démontre le document remis au sous préfet, et au préfet par nos partenaires de l'association Actival lors de la manifestation du 10 janvier 2008.

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A quelles logiques répond le développement des flux de marchandises ?

Disons en préalable que nous sommes favorables à un développement des échanges entre pays, dans lequel s'inscrit l'échange des marchandises. Mais doit-on continuer à développer des flux de marchandises qui ne répondent pas aux besoins fondamentaux des populations, les appauvrissent souvent et renforcent la pollution ? C'est en fonction de la réponse à cette question que le ferroutage ou le transport ferroviaire de fret se révèleront facteur de progrès pour l'humanité ou simple alibi écologique.

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Est-il réellement nécessaire que les crevettes danoises partent au Portugal pour être décortiquées avant de retourner dans les pays du Nord ? ou que les pommes de terre nerlandaises voyagent jusqu'en Italie pour revenir épluchées au Benelux ?

Plus dramatiquement, des experts 1 et analystes d'horizons très éloignés s'accordent à dire que la faim dans le monde est directement liée à la politique de dumping et de primes à l'exportation pratiquée sur les surplus alimentaires (ailes de poulet, céréales,...). Le transport massif de ces denrées vers des pays africains ou d'autres continents rend les productions locales incapables de résister à la concurrence, les voue à la disparition, crée la dépendance puis l'insolvabilité et les émeutes de la faim.

La liaison nord-sud dont ferait partie la traversée centrale des Pyrénées s'inscrit malheureusement dans cette logique dont les délocalisations industrielles sont un autre volet , véritable « usine à chômeurs » ici, et champ libre à la surexploitation là-bas.

Alors pourquoi accepterions-nous de voir nos vallées sinistrées au bénéfice d'un soi-disant progrès

qui s'avère néfaste? Un commerce équitable entre pays aux économies moins dépendantes créerait un contexte différent pour les flux de marchandises, où se développeraient d'abord les échanges locaux et régionaux .

Au lieu de cela, des opérateurs publics comme la SNCF liquident les services de fret local pour les réorganiser en vue d'une privatisation et avec l'objectif de devenir un des principaux acteurs du fret international!

Nous comprenons tout l'intérêt que peuvent porter les grands opérateurs privés de la production et de la distribution au développement du trafic international (et donc à la TCP), car il est source de gains énormes pour eux.

Nous nous interrogeons encore sur le type de promesses de retombées bénéfiques pour nos populations que les lobbies financiers ont pu faire, pour entraîner l'adhésion de nos élus régionaux et départementaux.

1 Entre autre : Jean Ziegler, Rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU pour le droit à l’alimentation