La prospective actuelle

Les études menées ont été basées sur des prospectives faites en 2001 pour 2010. A cette époque, le Conseil régional prévoyait une augmentation de 10 % par an du trafic de marchandises. Une augmentation du PIB de 1.9 % et un baril qui n’excèderait pas 35 dollars en 2025. Or en 2005, l’augmentation du trafic des marchandises est en légère régression (6 à 7 %), le PIB de 1.5 %, et le baril de pétrole ne cesse d’augmenter. Dans ces conditions, ne faudrait-il pas revoir les estimations pour 2020 et 2030 ? Par ailleurs la croissance des échanges de biens continuera-t-elle de croître indéfiniment?

La réorganisation des réseaux ferrés

N’y aurait-il pas moyen de réhabiliter les voies existantes (la ligne Canfranc-Pau, la ligne de la Tour de Carol, d’aménager le tunnel des Balitres pour réduire les engorgements ) ? Ces travaux devraient être moins coûteux que la construction d’un nouveau tunnel sous les Pyrénées. N’y aurait-il pas moyen d’optimiser le transport sur les voies existantes et qui seront libérées lors de la construction des projets TGV atlantique et méditerranéen, au lieu de refuser la mise aux normes européennes des voies espagnoles, de peur de faire de l’ombre aux projets TGV ? D’après M. Claraco 1 , expert en transport, la gestion des voies déjà construites permettrait de faire circuler 48 millions de tonnes de marchandises en 2010 reparties sur les différents axes existants 2 . D’autres parts les accords de Kyoto demandent des baisses de consommation des produits énergétiques fossiles. Le ferroutage est dans ce cas une aberration totale : en plus de l’énergie pour transporter les marchandises il consomme de l’énergie pour transporter des poids morts tels : Le tracteur et la remorque, des wagons adaptés plus lourds que des wagons normaux, voire des wagons supplémentaires pour transporter les chauffeurs et faire monter les camions.

Les autoroutes de la mer

N’y aurait-il pas moyen de développer les autoroutes de la mer ? Celles-ci ne nécessitent que peu d’infrastructures. Les ports devraient être remis à niveau, mais pour un coût beaucoup plus faible. Les bateaux consomment moins d’énergie à la tonne transportée, ne nécessitent pas d’infrastructure lors de leur déplacement. Une harmonisation et une facilitation des formalités entre les différents pays de la communauté européenne permettraient de gagner du temps dans ces échanges et rendraient ce moyen de transport plus attractif. Lors du sommet franco espagnol du 17 octobre 2006, les premiers ministres des deux pays ont vivement souhaité le développement de ce mode de transport.

Le transport superflu

N’y aurait-il pas moyen de réfléchir sur les délocalisations et le transport superflu ? Est-il nécessaire que les crevettes danoises aillent se faire décortiquer au Portugal avant de retourner dans les pays du Nord ? ou que les pommes de terre néerlandaises aillent se faire éplucher en Italie pour être consommées au Benelux? Une telle liaison entre les territoires africains ou asiatiques et ceux du nord de l’Europe, en favorisant les échanges de marchandises fabriquées dans des industries délocalisées, est une véritable « usine à chômeurs ». Favorisons la relocalisation la production sur les lieux de consommation, et nous n’aurons pas besoin de tels moyens de transport.

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2 Voir le rapport, Annexe V p. 36