L’environnement sera-t-il préservé ?

Le percement d’un tunnel est loin d’être un acte anodin. Il perturbe les équilibres naturels qui ont mis des millions d’années à s’installer.

L’équilibre géologique

La structure géologique sous jacente a un impact important sur le comportement du sol en surface. La modification des forces et des pressions internes de la montagne entraînera des modifications en surface (tassements, glissements de terrain …). Les failles sismiques et les petits tremblements de terre qui en découlent sont-ils compatibles avec le percement d’un tunnel ? Les roches primaires de grandes profondeurs au centre de la chaîne, sont une grande inconnue : dans le percement du Saint Gothard les mineurs ont trouvé des veines de charbon soient disant improbables, qui ont désorganisé sérieusement la construction du tunnel. La perturbation des zones de calcaire dolomitique friable, faillé et fissuré du Pourassa à Hèches, de la Soule à Sarrancolin et d’autres secteurs du trajet poseront d’autres problèmes liés au boulversement des réseaux souterrains d’écoulement des eaux

L’équilibre hydrogéologique

Le phénomène de percolation (phénomène qui décrit le passage de l’eau dans les roches) sera perturbé. L’eau est susceptible de passer alors directement dans le tunnel : En prenant l’exemple du tracé Bologne – Florence 1 , dans la région de Firenzualo, une perte de 700 litres par seconde (soit 42 m 3 à la minute) qui noya le tunel et entraîna une baisse de la nappe phréatique, donc un tarissement des sources et l’assèchement des ruisseaux. Ces dégâts sont irréversibles : Que deviendra l’approvisionnement en eau de tous les villages de la vallée ? Par citernes ? En attendant la construction d’aqueducs en catastrophe. Quel devenir pour les sources thermales de Saint-Lary ? pour le nouveau captage de Guchen ? Qu’en sera t-il du projet d’usine d’embouteillage d’eau de source à Sarrancolin si le réservoir de la Soule est souillé par la pollution du chantier ? Si le tunnel passe à l’ouest de la vallée ce sont toutes les sources d’approvisionnement des villages qui risquent d’être perturbées ou polluées. Il traverserait en plus deux nappes aquifères dans le bas de la vallée de la Neste 2 , dans des zones karstiques, les plus vulnérables d’après l’Etat des lieux de la directive cadre européenne 3 .

De plus la diminution de la pression de l’eau dans les fissures sur des zones étendues entraîne des déformations plastiques (tassements, rapprochement des vallées), pouvant provoquer des dégâts sur les ouvrages de génie civil ? De 10 à 13 cm de tassement sur le barrage du Zeuzier lors du sondage du Ravil, dans les Alpes, le rendant inutilisable pendant longtemps. Ces déformations peuvent atteindre des cuvettes de 3 km. Qu’en sera-t-il du barrage du Lac de l’Oule qui approvisionne en eau les canons à neige de Saint-Lary et le canal de la Neste, qui est dans ce rayon géographique ?

L’équilibre écologique

La création d’une voie à grande capacité en surface perturbera les aires et les voies de passage des différents animaux qui vont se heurter aux clôtures de protection de celle-ci.

1 Voir annexe V, p.37
2 Document de synthèse sur les nappes profondes, 2003