Au niveau européen

Décembre 1992 : Le livre blanc des transports prône l’ouverture du marché des transports. La conséquence de cette politique fut une baisse des prix et une croissance de la demande du transport routier.


Septembre 2001 : Nouvelle édition du Livre blanc des transports dans lequel la commission européenne constate l’existence de contradictions croissantes entre une demande de mobilité toujours plus forte (Essor du parc automobile : il a été multiplié par trois en 30 ans, économie à flux tendu ou stock roulant pour les industries) et les problèmes liés à la congestion et aux goulets d’étranglement dans les zones urbaines et sur le réseau transeuropéen. Pour résoudre ces questions, le livre blanc propose une stratégie d’ensemble pour revaloriser les alternatives à la route :

·       Contrôler et sanctionner le secteur routier pour obtenir plus de qualité et plus de sécurité.

·       Revitaliser le rail par une optimisation des structures existantes :

- Avoir un nombre de locomotives suffisant, du personnel plus compétitif,

- Obtenir une interopérabilité entre les différents pays de manière à faire circuler tous les trains, partout sans contraintes techniques pour plus de compétitivité,

- Mettre en concurrence les différentes compagnies ferroviaires,

- Organiser des lignes à grande vitesse, sur grandes distances, dédiées exclusivement au transport des marchandises.

·       Développer les autoroutes de la mer.

·       Développer l’inter modalité avec l’émergence des intégrateurs de fret de manière à lier la chaîne logistique des transports en combinant les différents moyens : mer, fer, route et en facilitant le passage des marchandises d’un système à l’autre au niveau des ports et des frontières (Programme Marco Paulo).

·       Créer des corridors à priorité fret d’un coté et un réseau rapide de voyageurs de l’autre.

·       Mettre en place des financements mutualisés :

- Les budgets publics sont restreints : l’Europe est très sélective, les budgets nationaux sont limités aux projets nationaux,

- Les investisseurs privés sont frileux,

- L’Europe prône une mutualisation des différents financements, avec en plus, après amendement des lois nationales, la possibilité d’affecter une partie de la tarification des infrastructures existantes aux financements des autres projets.

·       Promouvoir le téléguidage par satellite.

·       Harmoniser les législations et les conditions sociales entre les différents pays européens.

·       Pour résoudre les problèmes d’étranglement aux deux bouts de la chaîne pyrénéenne, la communauté européenne propose une révision des orientations du réseau transeuropéen et d’ajouter à la liste des projets prioritaires une traversée ferroviaire des Pyrénées à grande capacité dont le tracé serait laissé à l’accord des deux pays.

 

Juin 2002 : Le conseil des ministres européens a rejeté la première proposition de révision de la liste, le projet y figurait comme « une traversée ferroviaire centrale des Pyrénées à grande capacité ».

Décembre 2003 : La deuxième proposition est acceptée. Le projet fait partie de l’étude n°16 sur l’axe Sines-Algesiras-Madrid-Paris qui est inscrit sur la liste des trente infrastructures prioritaires. Il est déclaré d’intérêt européen et a pour objet la construction d’une nouvelle liaison ferroviaire à grande capacité à travers les Pyrénées. La ligne sera dédiée au transport des marchandises et dotée de voies à l’écartement UIC 1 . Plusieurs itinéraires entre Saragosse et le réseau français seront étudiés. Il deviendrait un axe commercial majeur reliant la Péninsule Ibérique à l’Europe, en prenant près de 30 % de part de marché.

trente projets souhaités par l’Europe
Carte des trente projets souhaités par l’Europe 2

Avril 2004 : Le parlement européen 3 valide la proposition du Conseil des Ministres mais supprime le mot "centrale". Il s’agit d’un axe transpyrénéen ferroviaire à grande capacité. La commission européenne se montre favorable au lancement d’un débat public transfrontalier sur ce projet.


Novembre 2007 : Le parlement européen propose 5 millions d’Euros pour le projet n° 16 Sines – Madrid – Paris en vue d’aider au financement d’études pour une ligne de fret de grande capacité à travers les Pyrénées.

Au niveau national

Ce tracé reliant Saragosse au réseau français est laissé à l’approbation des gouvernements espagnol et français. A l’heure actuelle aucune décision n’a été prise sur ce sujet. Lors du sommet franco-espagnol du jeudi 10 janvier 2008 à Paris, les chefs d’états de chaque gouvernement ont annoncé que les études préliminaires des différents tracés envisageables commenceraient en juin 2008, après avoir analysé le résultat de l’enquête sur le transport dans les Pyrénées qui devrait paraître courant 2008.

Au niveau régional

Avec les fonds destinés à la coopération entre les régions : fonds SUDOE (Interreg), les régions Midi-Pyrénées, Aquitaine, Aragon et Limousin ont proposé un tracé bien défini : la traversée centrale des Pyrénées ou TCP passant sous le Vignemale. Mais l’idée était déjà ancienne !

      1838 : Première apparition de l’idée de traversée centrale. Le député d’Argelès-Gazost, Colomés de Juillan, propose la création d’une voie de chemin de fer qui permettrait de joindre Madrid à Paris, en passant par Gavarnie, Tarbes, Agen et Limoges. Idée abandonnée par la suite après l’inauguration du tunnel de Canfranc en 1928.

      1982 : La ligne de Canfranc est abandonnée, suite à un accident qui a eu lieu en 1970 et un ingénieur aragonais, Sergio Campo Ruperez propose de faire un tunnel à basse altitude avec des voies à écartement international sous les Pyrénées.

 

      1997 : C’est alors que la Comunauté de travail des Pyrénées, créée par le Conseil Général Midi-Pyrénées et le Gouvernement autonome d’Aragon annonce la nécessité d’une voie de chemin de fer dédiée au transport de frêt, qui passerait au centre de la chaîne pyrénéenne.

 

      2000-2001 : Eurosud-Transport, lobby financé par le Conseil régional Midi-Pyrénées 4 prend une part très active dans le projet de la création d’une entité internationale pour la promotion de la TCP annoncée par le colloque Interreg II en 1999.

 

 

      2000-2002 : Réalisation d’études parallèlement des deux cotés de la chaîne pyrénéenne, coté espagnol par Transpirenaica entre Saragosse et Toulouse

, côté français pr Systra, entre Sarragosse et Agen :

Les 10 tracés étudiés par Transpirenaica

      Janvier 2003 : Col loque de promotion de la Traversée centrale des Pyrénées à Tarbes organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie.

      Janvier 2004 : Parution du livre blanc de la traversée centrale qui définit le projet promu par le Conseil régional et l’Aragon.


      Juillet 2004 : Lancement d’un appel d’offre par le Conseil régional pour que des mesures de faisabilité soient effectuées sur l’axe Saragosse-Agen ainsi qu’une mission d’analyse des impacts environnementaux de la TCP.


      Septembre 2004 : Retrait de la mission précédente par M. Malvy devant l’opposition des maires du canton d’Argelès-Gazost, aucun tracé particulier ayant été défini.


      Novembre 2004 : Rapport de mission du Conseil général 5 dans lequel celui-ci signale qu’un projet de cette ampleur pourra difficilement se concevoir sans consultation préalable et adhésion citoyenne largement majoritaire.


      16 Septembre 2005 : Le comité de travail des Pyrénées 6 prend la forme juridique de consorsio : convention inter-administrative de coopération transfrontalière. C’est une entité juridique qui a la capacité de gérer des devis, elle a également la capacité de négocier au plan national et international.


      17 Octobre 2005 : Rencontre à Hèches des conseillers généraux et de M. Chauzy, président du Conseil économique et social de la région Midi-Pyrénées et président d’Eurosud, association subventionnée par le Conseil régional pour promouvoir sa politique des transports 7 .


      16 Décembre 2005 : Motion votée à l’unanimité par le Conseil Général pour demander à la région d’effectuer une étude sur le tracé Hèches–Bielsa 8 .

1 UIC : Union internationale des chemins de fer

2 Source : europe.eu.int/comm/transport/trans-europeannetwork

3 Trans-European Transport Network (TEN-T): selection of projects for the TEN-T multi-annual programme 2007-2013 and the annual TEN-T programme 2007

4 Source : Traversée centrale des Pyrénées : Rapport de mission novembre 2004, Annexe I p. 30


5 Voir Rapport, page 19

6 Voir Rapport, Annexe I p. 31

7 Voir Rapport Annexe I p. 30

8 Voir Rapport Annexe VI p. 39