Quelle place et quels financements futurs pour les politiques locales ?

La fermeture d’entreprises à Lannemezan, l'essoufflement annoncé du « tout ski » ou du « tout tourisme » du fait des changements climatiques, amènent les décideurs publics à faire feu de tout bois et à espérer de ce projet monts et merveilles.

Ces décideurs annoncent des créations d’emplois sur une plate-forme multi-modale située à Lannemezan ou à Capvern. Cette plate-forme est un miroir aux alouettes, un mensonge politique sûrement pour faire accepter le projet par la population locale. Il est bon de rappeler certaines notions économiques sur le transport de marchandise par rail. Une distance de 500 km au minimum est nécessaire entre deux plates-formes multimodales pour que les industriels acceptent d’utiliser ce mode de déplacement, or la plate-forme Plaza situé à Saragosse n’est qu’à 200 km de Lannemezan et Toulouse est juste dans le périmètre des 500 km.
L’augmentation du coût de l’énergie tend à augmenter les distances, la ligne en cours d’expérimentation est Bettembourg (Luxenbourg) et Perpignan, nous sommes aux alentours de 1000 km entre les deux plates-formes !

Alors pourquoi le département et la région portent-elles un tel projet ? Pourquoi investir dans des études où la région et le département ne toucheront aucun bénéfice ? Ces questions restent en suspend.

Mais l’argent déjà investi dans les différentes études sont autant d’argent non investi pour un développement économique durable pour nos vallées pyrénéennes. Cette captation des financements risque de se faire au détriment de l’amélioration de l’existant. Notre opposition à la T.C.P. vise aussi à préserver l’avenir des économies valléennes. Nous restons persuadés qu’une économie valléenne durable ne peut exister si elle ne s’appuie pas sur son capital le plus précieux : le cadre naturel, un environnement préservé, l’agro pastoralisme, autrement dit tout ce qui manque aux populations urbaines.

Nos territoires préservés répondent en partie aux demandes croissantes en produits agricoles naturels ou biologiques, mais à condition qu’ils soient soutenus par le département ou la région. Les nouvelles technologies permettent l’implantation d’entreprises moins polluantes dans nos vallées. Le développement des services à la personne, le développement des infrastructures à vocation culturelle permettraient de maintenir une population sur le territoire et une économie locale.

Le projet de T.C.P. ne fera qu’accroître ces déséquilibres par les nuisances qu’il va générer comme la captation de financements au détriment des projets locaux.